5 faits qui menacent les libertés des femmes à travers le monde en 2022

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Oeuvre d'art - Marilyn Monroe Crying©Photo Michèle Eckert

« Quelle erreur pour une femme d’attendre que l’homme construise le monde qu’elle veut, au lieu de le créer elle-même. » Anais Nin.
Les femmes doivent faire face en cette année 2022 à certains contextes et mesures qui mettent en péril leurs droits si durement acquis. Et ce aux quatres coins du monde.

USA

Le plus récent est tombé aux Etats-Unis. La Cour suprême américaine a révoqué l’arrêt Roe vs Wade de 1973, qui avait ouvert la voie à la légalisation de l’avortement. Chaque Etat est désormais libre de l’autoriser ou non : 17 Etats ont déjà adopté des lois, ou sont en passe de le faire, interdisant l’avortement, et plus de la moitié finirait par le faire selon les sondages.

D’après le Guttmacher Institute, cela priverait environ 40 millions de femmes de ce droit, puisque 58% des Américaines en âge de procréer vivent dans un de ces Etats.

Ces mesures sont avant tout synonyme d’immense danger pour leur santé. Bannir l’avortement n’empêchera jamais les femmes d’avorter, mais les prive simplement de toute sécurité et aide médicale.
Rappelons qu’avant 1973 et la légalisation de l’avortement, les femmes avaient recours à des techniques artisanales pour avorter, souvent au péril de leur vie. C’est un pas en arrière énorme, face à un droit aussi fondamental que celui de disposer de son corps.

UKRAINE

La guerre en Ukraine est évidemment un immense danger pour tous les civils. Mais la militarisation du quotidien et l’escalade de la violence pèse d’une manière insoutenable sur la vie des femmes Ukrainiennes. Comme dans toutes les zones de conflit du monde, les femmes sont particulièrement fragilisées et vulnérables face à la violence. Les violences liées au genre, les viols, les humiliations, la limitation de l’accès à des services essentiels : face à la guerre, les femmes sont en première ligne. Ce sont des centaines de témoignages de viols qui ont été recueillis depuis le début de l’occupation Russe. En plus de l’horreur des exécutions de civils, le viol est employé comme une ‘stratégie’ par les forces occupantes pour faire régner la peur. Face à ce drame, les Ukrainiennes ne disposent que d’une seule arme : la parole. Alors elles témoignent, et prennent les mesures médicales qui s’imposent pour ne pas laisser leurs traumatismes impunis.

AFGHANISTAN

Depuis la prise de Kaboul en août 2021, les talibans ont mis à mal les droits des femmes et des filles à travers l’Afghanistan via des restrictions flagrantes. Les femmes ne peuvent ainsi plus se déplacer dans l’espace public sans un tuteur de sexe masculin, ni retourner sur leur lieu de travail ou d’apprentissage pour poursuivre leurs cursus scolaires après 12 ans. Une des mesures les plus récentes est le port de la burqa obligatoire, imposé aux Afghanes, qui sont en plus de ça incitées à rester chez elles. Leurs libertés s’étiolent, et les femmes se sentent emmurées vivantes. Le manque d’accès aux ressources essentielles comme la nourriture ou l’électricité vient encore assombrir leur avenir déjà très inquiétant.

ETHIOPIE

Depuis le début de la guerre en 2020, les conflits armés et les violences liées au genre font de nombreuses victimes en Ethiopie. Les violences sexuelles généralisées sont perpétrées dans la région du Tigré par les forces éthiopiennes et érythréennes. Qualifiée de crimes contre l’humanité par l’ONU il y a quelques mois, cette guerre civile a plus que jamais bafoué les droits des Éthiopiennes. Le viol est devenu une arme de guerre, utilisé pour terroriser et humilier les femmes du Tigré. De nombreux témoignages dénoncent différentes formes de torture, du viol en réunion à la mutilation sexuelle. Les victimes souffrent de la destruction des centres médicaux et des restrictions relatives à la circulation des personnes et des biens, qui entravent leur accès aux soins. Rappelons que les journalistes n’ont pu accéder à cette zone que récemment, et que les femmes ne pouvaient pas témoigner des horreurs vécues avant cela. On recense pourtant déjà des milliers de cas, et le bilan s’alourdit de jour en jour.

TURQUIE

Il y a presque un an, la Turquie s’est retirée de la Convention d’Istanbul, qui lutte contre les violences liées au genre et le respect des droits des victimes. Cette décision marque une très grande régression pour le droit des femmes en Turquie. Le gouvernement a justifié sa décision en reprochant à la Convention d’encourager l’homosexualité et de menacer la structure familiale traditionnelle.

Faisant écho à cette décision, un procès a été ouvert il y a peu pour dissoudre l’une des principales et des plus actives associations de défense des droits des femmes. Un procureur d’Istanbul a décidé en avril de poursuivre ‘We will stop féminicide’ en demandant sa dissolution pour ‘activités contre la loi et la morale’. Les femmes turques dénoncent un procès avant tout politique : l’association avait organisé une manifestation pour que la Turquie ne sorte pas de la Convention d’Istanbul, et tient publiquement un compte des féminicides en Turquie. Leurs rapports contredisent évidemment ceux du gouvernement, qui prétend que le nombre de féminicides est en baisse.